Article publié le 04/11/2026 par : KGH Conseil - Thématique : Europe Le 22 octobre 2026, le Parlement européen a adopté sa position sur Erasmus+ 2028-2034 par 454 voix contre 34 et 93 abstentions. Pour le sport, le signal est net : une enveloppe dédiée portée de 1,9 % à 4,1 % du budget du programme, dans un total Erasmus+ que les eurodéputés veulent fixer à 47,39 milliards d’euros. Ce vote n’est pas la décision finale : il ouvre la négociation avec les États membres. Mais il fixe un cap que le mouvement sportif réclamait depuis plus d’un an, et que les structures sportives françaises ont tout intérêt à anticiper dès maintenant. Ce que le Parlement européen a voté Les eurodéputés demandent 47,39 milliards d’euros pour Erasmus+ sur 2028-2034, contre 40,8 milliards proposés par la Commission européenne en juillet 2025. Le programme actuel (2021-2027) représente environ 26 milliards d’euros. Le texte, porté par le rapporteur Bogdan Zdrojewski (PPE, Pologne), fixe des parts dédiées par domaine : le volet éducation et formation à 74.6%, jeunesse et volontariat à 15%, et sport à 4.1%. Le Parlement veut aussi intégrer au budget Erasmus+ les activités de volontariat et de solidarité du Corps européen de solidarité (CES), ainsi que celles du Corps européen de volontariat humanitaire. Au-delà des montants, le Parlement défend : des bourses de mobilité adaptées au coût de la vie dans les villes d’accueil ; une participation élargie aux sportifs amateurs et aux personnes en formation professionnelle ; l’intégration du Corps européen de solidarité dans Erasmus+ ; un accès facilité pour les pays candidats et des liens renforcés avec le Royaume-Uni et la Suisse. Sport : de 1,9 % à 4,1 %, ce que cela change La part du sport passerait de 1,9 % à 4,1 %, mais représente bien plus qu’un doublement du pourcentage. Sur 2021-2027, 1,9 % représente environ 500 millions d’euros : 4,1 % des 47,39 milliards donnent près de 1,94 milliard d’euros sur 2028-2034. Si la position du Parlement était retenue telle quelle, l’enveloppe sport serait donc multipliée par près de quatre. Il s’agit d’un ordre de grandeur calculé sur des montants nominaux, à confirmer une fois le texte final connu. Trois évolutions méritent l’attention des acteurs sportifs : Une ligne identifiée. L’allocation dédiée évite que le sport soit dilué dans une enveloppe commune avec la jeunesse, ce que le secteur demandait. Un public potentiellement élargi. Le Parlement veut ouvrir Erasmus+ aux sportifs amateurs, alors que l’actuelle mobilité du personnel sportif exclut les athlètes des participants. Des synergies avec d’autres fonds. Le texte appelle à mieux articuler Erasmus+ avec le Fonds européen pour la compétitivité, Horizon Europe et les plans de partenariat nationaux et régionaux. Un enjeu majeur pour le sport français Une enveloppe plus large ne profitera au sport français que s’il s’en saisit, et il part avec du retard. En 2026, les organisations françaises ont coordonné 15 projets Erasmus+ Sport sur 320 au total. Seules 30 % des fédérations sportives françaises déposent des demandes de subvention européenne, témoignant de l’urgence de réagir chez les acteurs du sport français. Les freins sont connus : manque de temps et de compétences, complexité administrative, méconnaissance des programmes. Pourtant, l’Agence Erasmus+ France Jeunesse et Sport rappelle que la mécanique est plus simple qu’on ne l’imagine : candidature en français, subvention calculée sur des forfaits sans budget détaillé, pas de cofinancement imposé dans la plupart des cas, et préfinancement de 70 % à la signature de la convention. Avec une enveloppe sport potentiellement multipliée par quatre, l’écart entre pays se jouera sur la capacité à monter des projets solides, et à s’y préparer en amont. Et maintenant : la négociation avec les États membres Le vote du 22 octobre donne un mandat de négociation au Parlement, rien de plus. Les discussions avec le Conseil de l’UE ne s’ouvriront qu’une fois les États membres d’accord sur leur mandat complet, notamment sur les montants globaux du budget européen 2028-2034. Le Conseil s’était déjà positionné sur le texte en mai 2026, et les chiffres du Parlement devront donc être défendus face aux gouvernements. À retenir : 4,1 % est une position de départ, pas un chiffre acquis. Le résultat final ne sera connu qu’à l’issue de la négociation. Comment s’y préparer dès maintenant Le programme 2021-2027 reste en vigueur : c’est le meilleur terrain d’entraînement avant 2028. Trois leviers peuvent être actionnés sans attendre : Se faire la main sur les appels actuels. Mobilité du personnel sportif, partenariats simplifiés (30 000 ou 60 000 euros) ou partenariats de coopération (120 000, 250 000 ou 400 000 euros) : chaque projet déposé aujourd’hui renforce votre crédibilité demain. Construire son réseau européen. Un partenariat de coopération exige au moins trois organisations de trois pays, un partenariat simplifié deux organisations de deux pays. Ces consortiums se préparent des mois à l’avance. Structurer sa veille et sa stratégie de financement. Suivre la négociation, repérer les thématiques porteuses (lutte contre les violences, inclusion, environnement, sport-santé) et dimensionner ses ressources internes. La ressource KGH Conseil accompagne les acteurs du sport (fédérations, ligues, collectivités, clubs, ONG) dans la recherche, le montage et le suivi de leurs financements européens. Pour savoir comment votre structure peut se positionner avant 2028, rendez-vous sur kghconseil.fr ou adressez votre demande à contact@kghconseil.fr.