Article publié le 02/04/2025 par : KGH Conseil - Thématique : Europe

L’édito de Laurence Farreng, Députée européenne

« Le modèle sportif européen est un miroir des valeurs fondatrices de l’Union européenne : ouverture, solidarité, inclusion, à rebours d’autres modèles purement basés sur des logiques commerciales.

L’Union européenne a seulement une compétence d’appui des États membres en matière de sport, pourtant, plusieurs arrêts de la Cour de Justice de l’Union européenne, se basant sur les règles européennes relatives au marché unique et au droit de la concurrence, ont eu des impacts considérables sur le secteur sportif européen, et en tout premier lieu le fameux arrêt Bosman. Cet arrêt de 1995 de la Cour de Justice de l’Union européenne a permis la libre-circulation des sportifs européens au sein de l’Union, et donc la libéralisation du marché des transferts, mais aussi la fin des quotas de joueurs européens dans les clubs.

Le sport est de plus à la croisée de nombreux sujets traités au niveau européen : les droits audiovisuels, les transferts des joueurs dans le marché unique, la lutte contre le streaming illégal des matchs, les liens entre sport et citoyenneté, le défi d’organiser des compétitions durables et respectueuses de l’environnement, l’héritage des grands tournois et compétitions, l’équilibre à respecter entre les intérêts commerciaux et les fonctions sociales du sport… Plus globalement, le sport est une question de santé publique (physique et mentale), qui doit être promue au plus haut niveau.

La principale source de financement de projets sportifs au niveau européen est le programme Erasmus +. Membre de la commission parlementaire en charge du sport, et responsable du programme d’Erasmus + pour mon groupe politique, je m’étais battue lors des négociations pour le programme 2021-2027 pour renforcer le volet « sport » du programme. Si le programme permettait déjà l’organisation de rencontres sportives de jeunes et la tenue de projets thématiques, le Parlement européen a réussi à intégrer la mobilité du personnel sportif, contre l’avis initial de la Commission européenne. Ce volet « sport » bénéficie de 1,9% du budget d’Erasmus, soit environ 513 millions d’euros pour la période 2021-2027. Concrètement, le staff sportif peut désormais bénéficier d’aides à la mobilité, mais aussi d’actions préparatoires comme des cours de langue, de la formation ou encore des visites préparatoires. J’encourage toutes les organisations sportives à se saisir du programme Erasmus +, que ce soit pour organiser des rencontres de jeunes, pour travailler avec d’autres organisations sur des thématiques comme l’égalité femmes-hommes ou le respect de l’environnement, ou encore, pour permettre au staff de bénéficier d’une période de mobilité européenne à des fins de formation.

De mon côté, enfin, pour ce nouveau mandat, au-delà de la défense du modèle sportif européen dans son ensemble, je souhaite travailler sur une plus grande place accordée au sport dans le futur programme Erasmus + 2028-2034, pour lequel nous commencerons à travailler en 2025. Je continuerai également à travailler sur la lutte contre le piratage des compétitions (notamment dans le cadre de la mise en œuvre du Digital Services Act), et sur la lutte contre les stéréotypes et les violences sexuelles et sexistes dans le sport.

Poids économique, transmission de valeurs et maillage territorial, les questions sportives méritent définitivement d’être portées au plus haut de l’agenda européen. »

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